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Le secteur du bâtiment : comment améliorer les pratiques d'affaires?

On doit admettre que construire et rénover des bâtiments, c’est une nécessité pour que nous puissions mener notre vie telle que nous le désirons! Maison principale, résidence secondaire, chalet, condo en milieu urbain… Plusieurs d’entre nous partageons notre temps entre deux bâtiments, qui sont deux milieux de vie que nous aménageons. En raison de la durée de vie utile très longue de ces infrastructures qui répondent aux moindres de nos besoins, on doit dès leur conception penser à en réduire les impacts environnementaux.

Ce secteur crucial de notre économie est l’un des plus concernés par les enjeux du développement durable. L’industrie du bâtiment mobilise tout un écosystème d’acteurs et toute une chaîne de production, ce qui génère beaucoup d’emplois. Cependant, nous sommes de plus en plus au fait de la finitude des ressources. Il importe donc de considérer l’ensemble des répercussions des activités de la chaîne de valeur du bâtiment, y compris de celles qui interfèrent avec les systèmes écologiques.

Si chaque acteur du secteur du bâtiment repense ses pratiques afin d’optimiser les ressources (énergie et matière), de réduire le gaspillage et de maximiser les retombées, des marges de manœuvre s’en dégageront pour assurer une certaine pérennité dans l’industrie.

 

Famille santé bâtiment

Crédit photo : Pixabay.

 

Quels sont ces impacts? Comment les mesure-t-on? Comment les réduit-on?

Actuellement, la transition écologique au Québec et au Canada concerne principalement trois aspects :

  • La réduction de la consommation énergétique;
  • La réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES);
  • L’élimination/la valorisation des déchets.

Des possibilités existent pour améliorer ces trois aspects tout le long de la chaîne de production d’un bâtiment, de l’extraction des matières premières pour la production des matériaux jusqu’à la fin de vie, lorsqu’arrive la gestion des rebuts de construction! C’est en analysant le bâtiment sur toute la durée de son cycle de vie, à l’aide d’une analyse de cycle de vie (ACV), qu’il est possible de chiffrer ses impacts et d’identifier les points chauds pour lesquels on peut faire les choix judicieux qui permettront de réduire la consommation d’énergie, les émissions de GES et la production de déchets.

On sait que l’utilisation même des bâtiments génère des impacts significatifs : l’entretien et l’énergie requise pour le chauffage en sont des exemples. Conscients de cet enjeu, les gouvernements misent sur des constructions à « haut rendement énergétique ». Ils haussent les standards et développent des programmes d’aide comme ceux de Transition Énergétique Québec et d’Hydro-Québec pour amortir le coût d’investissement et réduire les impacts liés à l’énergie. Isolation efficace, utilisation d’énergies renouvelables et mise en place des meilleures stratégies de conception : ces trois solutions confèrent aux bâtiments des vertus écologiques qui ne sont plus à démontrer. La partie n’est pas gagnée pour autant!

Pourquoi? Parce que réduire la consommation d’énergie a pour conséquence d’augmenter la consommation de matériaux. Une meilleure isolation requiert la consommation d’une plus grande quantité de matière (première et transformée). Cette matière, quelle est sa nature? Est-elle renouvelable? Durable? Recyclable? Produite au Québec? La fabrication d’équipements qui servent à produire une énergie dite renouvelable, par exemple un panneau solaire, peut parfois être beaucoup plus énergivore et émettrice de GES que la fabrication de matériaux de construction conventionnels, ce qui ne fait que déplacer le problème!

Une partie de la solution réside sans doute dans une information qui donne l’heure juste et dans un travail plus synergique entre les acteurs du milieu du bâtiment. Cet article publié par l’Agence Science-Presse en fait état : L'impact environnemental des bâtiments: avons-nous perdu la vue d’ensemble? Autrement, outre l’efficacité énergétique et le choix des matériaux, d’autres aspects sont à considérer : les rebuts de construction, l’eau, la qualité de l’air et la santé des occupants. Ils sont documentés sur des fiches produites par le Créneau Écoconstruction. Consultez-les pour vous initier aux différents impacts et mesures d’amélioration possibles!

En terminant, des décisions éclairées peuvent être prises dès la conception du projet de construction ou de rénovation et avoir des répercussions positives sur tout le reste de la chaîne! Le design épuré, le choix des matériaux, les outils de modélisation, le tri sur les chantiers, notamment, sont des pratiques d’affaires qui peuvent vous permettre de vous démarquer auprès d’une clientèle de plus en plus soucieuse des critères environnementaux!

 

Un peu de concret!

Saviez-vous que, selon un sondage effectué en 2018, moins de 20 % des entreprises utilisent des produits de finition à base d'eau, alors que leur qualité est équivalente? C’est pourquoi nous vous informerons prochainement de la mise en place d’une initiative coordonnée par Innov & Export PME et le Créneau Écoconstruction pour les entreprises manufacturières qui désireraient se convertir aux produits de finition à base d’eau. Les entreprises participantes travailleront avec le CCTT Inovem pour évaluer la faisabilité d’une conversion à ce type de produit de finition. L’initiative pourrait être financée par le Fonds Écoleader (50 %) et par le Programme de recherche d’Inovem (25 %). Plus d’information à venir : restez à l’affut!

En attendant que la cohorte soit créée, nous vous invitons à visionner de nouveau le webinaire diffusé en décembre 2020 par le Fonds Écoleader Chaudière-Appalaches : Produits de finition à base d'eau pour l'industrie du bois: mythes et réalités. Dans ce webinaire, Marc-André Bérubé, chargé de projet – finition chez Inovem, s'adressait aux entreprises du secteur du bois, du meuble et des armoires de cuisine et démystifiait la transition des procédés de finition traditionnels aux procédés de finition à base d'eau.

Les produits de finition à base d’eau n’émettent pas de COV, ce qui diminue les interventions de purification de l’air en usine ou en atelier, en plus d’éliminer la nécessité des mesures de protection individuelles pour le personnel, ce qui influence à la baisse les coûts « globaux » pour la finition de vos produits. Quel en serait l’impact dans la structure de coût de votre entreprise? La cohorte vous permettrait de l’évaluer. Comme manufacturier, une façon de contribuer à la santé de son personnel et de sa clientèle est de réduire au minimum l’utilisation de ces produits chimiques.

Un cas leader : Miralis

On vous a déjà présenté le cas de l’entreprise Miralis, qui réduit significativement son empreinte environnementale par la mise en place d’une technologie propre de recyclage des solvants. Cette technologie permet à l’entreprise de les utiliser à l’infini et fait la joie du personnel, pour qui la manutention des produits chimiques a nettement diminué. À relire : l’article du Fonds Écoleader sur le cuisiniste Miralis!

En terminant, soulignons que nous aurions aimé vous présenter un cas d’entreprise leader engagée dans la construction durable par ses pratiques exemplaires de tri au chantier. Force est de constater que nous n’avons rien trouvé de concret qui soit suffisamment documenté! Vous connaissez une entreprise exemplaire en gestion de chantier et de rebuts de construction? Faites-nous part de votre découverte!

Notre recherche infructueuse nous porte d’autant plus à penser que le choix de thématique pour la deuxième activité de mobilisation du Fonds Écoleader au Bas-Saint-Laurent vous concerne!

 

Activité mobilisation Fonds Écoleader BSL

 

On a pensé à vous!

La gestion des matières résiduelles en chantier

Revoyez le webinaire de la Formation continue de la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval sur la gestion des matières résiduelles (GMR) en chantier de construction. L’un des panéliste, Louis-Philipe Bolduc, sera des nôtres le 17 mars prochain!

Voir le webinaire sur YouTube

Le BIM, pour éviter la production de rebuts de construction

Les outils de modélisation peuvent grandement contribuer à réduire et même vous permettre d’éviter la production de rebuts de construction. À lire, cet article d’Érik A. Poirier, Ph.D., vice-président du Groupe BIM du Québec, paru en janvier 2021 dans Voir Vert, Portail du bâtiment durable au Québec. L’auteur sera également parmi nous à titre de panéliste le 17 mars prochain :

Lire l’article sur les outils de modélisation

Réduire à la source, le guide!

Voici une marotte à adopter : le déchet qui pollue le moins est celui qu’on ne produit pas. Pour tendre vers cet objectif, le Groupe AGÉCO, l’ECPAR, le Conseil du bâtiment durable du Canada – Québec et RECYC-Québec vous proposent La réduction à la source des matériaux et résidus de construction. Guide pour la planification et la gérance de chantier. Son objectif est d’outiller le secteur de la construction pour apporter des changements profonds et durables dans les façons de faire en planification et en réalisation des chantiers et des travaux, dans une vision d’économie circulaire.

Consulter le Guide!

 

Les technologies propres, nos alliées

Le mur solaire, pour une énergie renouvelable

La source d’approvisionnement en énergie pour opérer une infrastructure est un aspect à optimiser pour limiter l’impact environnemental du bâtiment. Dans les endroits isolés où l’on n’a pas accès à l’hydro-électricité, le mur solaire est une technologie propre à envisager de substituer aux énergies fossiles. Pour en savoir plus sur le mur solaire, consultez la fiche technique élaborée par Écotech Québec sur le site du Fonds Écoleader.

Le mur solaire – fiche technique

 

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